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ART exposition Studio 21bis
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MULTIMEDIA Début des ateliers PIXELART-SCRATCH, collège de Lusignan
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ACTION CULTURELLE Poursuite des résidences d'artistes dans les lycées de la région.
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Affiche de l'exposition:bis repetita placent

Il y a quelque chose de rassurant dans l'acte de répéter. L'enseignement, la transmission du savoir, des valeurs, passent par la répétition. Répéter pour assimiler, répéter pour se construire, répéter pour ressembler, autant de pratiques qui structurent nos sociétés. Depuis l'après-guerre, on ne compte plus les artistes pour qui la répétition d'un motif, d'un acte pictural, d'une figure sont au fondement de l'oeuvre. En investissant l'idée de répétition, l'art contemporain en détourne la fonction pour mieux questionner le monde. Alors répéter vise à éclairer, à mettre en évidence les enjeux d'une époque. C'est la société de consommation et ses valeurs qui se trouve ainsi dénoncée, la circulation de l'information et son focntionnement tautologique qui est épinglée, la production industrielle qui est interrogée, la figure normative qui est discutée. C'est aussi la subtile variation d'un processus ou d'un geste pictural, l'unicité de l'acte de création que pointent les artistes contemporains. Les Choses Répétées Plaisent. Le FRAC Poitou-Charentes et Rurart s'associent donc pour proposer un panorama significatif et non exhaustif des enjeux et des pratiques liées à la répétition. Bis Repetita Placent. On ne le répétera jamais assez.

Œuvres des collections des Fonds Régionaux d'Art Contemporain :
Aquitaine, Bourgogne, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-De-Calais, Pays de la Loire et Poitou-Charentes.

Rurart : sélection d'œuvres d'art numérique

cliquer pour accéder aux œuvres en ligneL'ecm rurart présente une sélection d'artistes qui investissent le web et explorent ce nouveau terrain d'expression. Pièces sonores, vidéos, textuelles en ligne, elles interrogent le médium et les pratiques qu'il recoupe. Les spécificités du web - espace artistique encore peu défriché - méritent que l'on s'y penche. Le rapport au spectateur est en question - aussi bien dans l'interactivité qui peut être générée que dans le rapport au groupe qu'il peut entretenir via la machine. Le rapport à l'espace et au temps sont des enjeux, via le mode de diffusion et la nature du référent, via le continuum qu'implique la perception des oeuvres sur le web. L'ordinateur, support naturel de diffusion du web art, présent dans les foyers, lie le privé au public et implique un rapport particulier à l'oeuvre d'art ainsi produite - désacralisée, multipliée, immatérielle.

Visite virtuelle, accès aux oeuvres en ligne

Carl ANDRE


Andre : Phalanx

Phalanx

1981, Sculpture, billots de cèdre
rouge disposés en V.
90 x 30 x 30 cm
Collection Frac Nord Pas de Calais


De sa rencontre avec Franck Stella, Carl André retiendra le refus du symbolisme, la rigueur de l’élaboration, la fidélité au matériau et l’élimination de ce qui ne sert pas strictement. Il optera pour la non-intervention sur le matériau et l’utilisera tel que peut le livrer l’industrie (briques, billots de bois, blocs de béton ou plaques de métal). Ce refus du façonnage le différencie d’autres artistes minimalistes et résulte d’un souci d’évidence et d’un goût pour le contact direct en opposition à des considérations formelles ou psychologiques.
Carl André procède de façon répétitive et explicite. Non illusionniste, claire dans son inter-action avec l’espace environnant, sa sculpture ne joue pour ainsi dire jamais de la métaphore mais au contraire de la réalité physique de son insertion.
A partir des années soixante, il multiplie les combinaisons d’éléments identiques simplement superposés ou juxtaposés. Cette période marque également l’apparition du bois sous la forme invariable du billot de 30 x 30 x 90 cm. Le bois - mère de la matière - tient une place privilégiée dans l’œuvre de Carl André dont on sous-estime trop souvent la dimension spirituelle.
Sa conception du matériau insiste sur la densité et l’intégrité. Ses travaux vont rapidement étendre leur emprise au sol jusqu’à interférer avec l’espace d’exposition et définir la sculpture en tant que lieu.


Francis BAUDEVIN

Baudevin / Sans titre

Sans titre



Francis Baudevin extrait du répertoire infini du design graphique (emballages, logos, pochettes de disque, enseignes publicitaires ou façades architecturales) les motifs qui vont constituer ses peintures abstraites. Débarrassé des typographies et des signes “parasites”, le motif - dont l’artiste révèle ainsi la composition géométrique et abstraite - est ensuite transféré sur le support de la toile, ou directement reproduit sur le mur où il déploie alors toute son efficacité visuelle.
Ses peintures ne sont pas des tableaux, mais des images qui, comme des leurres, se jouent de notre capacité de reconnaissance des signes et des symboles que l’on croise pourtant quotidiennement, intégrés au packaging des objets de consommation comme à l’architecture urbaine. Sans titre (1996) présente ici, à la fois une peinture, une “image dans le tableau” et un signe visuel, mobile, comme un clin d’œil aux panneaux publicitaires et au mobilier urbain où prolifèrent des images que l’on consomme sans même regarder.


Etienne BOSSUT

Bossut / Parthénon bidon

Parthénon bidon



Opérant avec humour une complète subversion du ready-made de Marcel Duchamp, qui expose en tant qu’œuvre d’art un objet manufacturé au musée, le travail d’Étienne Bossut donne à voir, non pas l’objet, mais sa “copie” remarquable de fidélité, en plastique. Une “vraie-fausse copie” issue d’une tautologie exemplaire : l’objet à mouler choisi par l’artiste est déjà un produit de série, souvent en plastique lui-même, le tirage que réalise l’artiste est aussi un multiple, et toujours en plastique. Le choix de ce matériau outre son caractère prosaïque tient au fait qu’il est constitutif et emblématique de la modernité, et qu’il constitue la référence consacrée de la parfaite reproductibilité. Chaise, bidon, bassine ou tableau semblent “plus vrais que nature”, seuls quelques détails quasi imperceptibles et leur couleur - qui n’appartient qu’à la gamme chromatique de l’artiste - distinguent les œuvres d’Étienne Bossut des objets usuels. Au-delà de la “copie”, c’est l’image qu’il tire ainsi de l’objet qui intéresse l’artiste et les questions qu’elle pose à l’art comme au design, à toute production d’objets qu’elle soit artistique, culturelle ou usuelle. Pied-de-nez au minimalisme sériel et pastiche du Parthénon en ruine culturelle, Parthénon bidon (1980-91), dont le titre annonce d’emblée la couleur, associe avec facétie consécration de la ruine et vénération du plastique.


Claude CLOSKY

Closky : AA, BB

AA, BB



Claude Closky a expérimenté un grand nombre de techniques, de matériaux et de supports - du dessin à la vidéo en passant par la photographie, le son, les objets, les livres ou le web.
Il tente, par le biais de la répétition, de rendre exceptionnelle la banalité.
Ludique, son œuvre ne porte pas de jugement de valeur sur la société de consommation. Pourtant, sa matière première - le mot, le signe - est issue tout droit de l’iconographie publicitaire ou de la répétition de messages vides de sens.
Sans Titre (Marabout) est une œuvre murale composée de lés de papiers sérigraphiés formant un mur de mots provenant de publications diverses et liés les uns aux autres selon le principe de la comptine Marabout-Bout de ficelle…
AA, BB pourrait s’apparenter à une classification périodique des logos publicitaires.
Jeux de langage, déclinaisons, détournements habitent le travail de Closky et forment une œuvre dont le sens n’est jamais figé - l’artiste avoue volontiers ne pas être habité par une idée particulière - laissant souvent le spectateur dubitatif vis à vis de l’inflation signifiante d’une époque où l’hyperconsommation fait office de projet de vie.


Trisha DONNELLY

Donnelly /

Sans titre



Image singulière que l’on ne décode qu’en sachant qu’il s’agit de la photographie d’un orgue à l’envers (aussi petite que l’instrument est imposant), image d’un sabre de cavalerie anglaise dont on ne connaît l’histoire, son de cloche énigmatique comme semblant provenir de la ville et sonner le glas, l’ensemble du travail de Trisha Donnelly se constitue d’éléments qui sont autant d’indices d’une histoire, d’un événement ou d’une action passée qu’elle a parfois elle-même effectués. L’enregistrement vidéo et la photographie témoignent ensuite, à travers l’exposition, de ses expériences qui explorent les domaines de la perception sensorielle et cognitive. Parfois, elle les met en scène dans ce qu’elle nomme des “démonstrations”. Manière pour elle de rendre compte de ces savoirs dont elle a fait l’apprentissage (comme soigner des chevaux, communiquer avec une otarie, manier le fouet ou indiquer un itinéraire en langage des signes), et qu’elle va transmettre à nouveau lors d’une courte performance qui ne laissera le plus souvent comme seule trace, que quelques accessoires. Intrigant et poétique, son travail explore ce qui reste insaisissable, fragmentaire et donc difficilement représentable comme la façon dont chacun perçoit, conçoit, interprète et retranscrit, subjectivement, partiellement.


Hans-Peter FELDMANN

Feldman / Moutain

Moutain



Réflexion sur la façon dont se construit notre culture visuelle - à travers notamment la forme de la collection - le travail de Hans-Peter
Feldmann porte sur les images qui nous entourent habituellement, leur construction symbolique et archétypale. Jouant sur les genres (portrait, paysage, peinture, photographie…), les provenances (archive, document, publicité, carte postale ou photo de famille) et les catégories - romantique, tendre, sublime, kitsch - il établit dans ses œuvres un va-et-vient plein d’humour entre culture populaire et culture savante.
Nourri par l’apparition des premières images américaines en couleur d’après-guerre, l’introduction et le rehaut par la peinture dans nombre de ses travaux, ici dans Mountain (1990), lui permettent d’accentuer et d’intensifier les valeurs et les rêves que ces images incarnent. La série, ici redoublée, témoigne de son intérêt pour l’ensemble et les articulations qu’il génère, procédant de l’idée de collection, avec d’un côté, les fictions qu’elle permet d’élaborer ; de l’autre, la relation et la tension qu’elle vient induire entre ce qui semble “identique” et ce qui semble “différent”.


Jean-Louis GARNELL

Garnell / Catalogues

Catalogues



Jean-Louis Garnell utilise la photographie non pour sa capacité d’enregistrement de la réalité mais comme un outil qui lui permet de construire et de composer ses propres images, plastiquement et significativement.
“Rappelant certaines œuvres d’Allan MacCollum, cette série présente un ensemble de rectangles et de carrés de multiples couleurs. L’accrochage permet alors d’identifier le sujet photographié : ce ne sont pas des monochromes mais des couvertures de catalogues d’exposition. C’est avec humour que l’artiste a pris comme sujet de travail une somme d’analyses et de reproductions d’œuvres d’art ; les ouvrages sont là et pourtant ils ne nous donnent ni les connaissances, ni l’éclairage qu’ils contiennent. Illusion de réalité, la photographie est utilisée de manière à souligner le leurre que peut représenter le catalogue. Le développement de l’édition d’art, de la reproduction des œuvres a permis la diffusion d’un grand nombre d’images et la vulgarisation des œuvres. Sorties de leur contexte, ces œuvres n’ont plus de réalité, ce ne sont plus que des images. Ainsi Catalogues (1991) est une double illusion : les photos simulent le monochrome et ne nous présentent qu’un reflet des catalogues”.


Michel GONDRY

Ancien batteur du groupe OuiOui, aujourd’hui connu du grand public pour son long métrage Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Michel Gondry est avant tout un auteur de vidéoclips atypique. Sa production vise davantage à donner à voir les rythmes des chansons qu’il met en scène qu’à illustrer simplement la musique du portrait des artistes qui lui passent commande.
Ses clips sont avant tout des trouvailles visuelles alliant virtuosité technique, sens de l’image et du rythme. La caméra semble l’extension naturelle de la batterie, du sampler ou de la boîte à rythme. Michel Gondry parvient à glisser des boucles audacieuses dans des plans séquences interminables, construits à partir de la répétition et de la déclinaison de figures singulières.
Star Guitar, long travelling à bord d’un train, n’est qu’une succession d’éléments de décors - poteau, château d’eau, silo - calqués sur chaque son du morceau des Chemical Brothers.
Come into my World est construit autour de l’image clonée de Kylie Minogue, un nouveau clone apparaissant à chaque nouveau couplet.
The Hardest Button to Button démultiplie les instruments - guitare, ampli, batterie - au gré des phrases musicales et de leur volume.
Image et son déclinent le même univers dont le référent principal est le rythme.
Michel Gondry se joue des codes visuels. Il produit une œuvre hypnotique, ludique, où se mêlent paradoxes temporels et rapports d’échelle improbables.


Jim ISERMANN

Isermann / flower painting

Flower painting



Jim Isermann croise abstraction et design, allie art et architecture, mise en scène et quotidien, transformant les objets ordinaires et produits manufacturés en symboles de notre société de consommation. Changeant - comme dans son diptyque Flower Painting (2085) - des motifs tirés de l’industrie en peintures “pop” et géométriques, son travail interroge les notions du décoratif et du pictural. L’idée de série que suggère ici le diptyque est une constante de son travail, la répétition du motif géométrique (qui puise aussi ses références dans le Pattern Painting), inversé, combiné et permuté mathématiquement (à travers l’utilisation du calcul algorythmique) lui permet - en jouant sur le registre du psychédélisme et de la répétition quasi hypnothique - d’abolir les frontières spatiales de l’œuvre ainsi que celle du lieu où elle est présentée. Son vocabulaire plastique (formes, motifs et couleurs) mixe culture populaire, savoir-faire artisanal et design high-tech industriel tout en rejouant les références à l’histoire de l’art (Abstraction, Art Minimal et Pop Art), nous amenant ainsi à porter un autre regard sur les objets - de l’élément mobilier à l’œuvre d’art - qui composent notre environnement domestique et urbain.


Pierre JOSEPH

Joseph / Mon plan du plan de métro parisien

Mon plan du plan de
métro parisien



Purgatoire (1991) de Pierre Joseph se décompose en deux moments, en deux états de l’œuvre. Les photographies présentées dans l’exposition constituent le mode d’emploi à suivre pour réaliser une mise en scène. Sur chacune figure un personnage : un noyé sur un banc, un motard accidenté au sol. Le jour du vernissage de l’exposition, les deux personnages sont “réactivés” : ils reprennent vie, incarnés par deux acteurs impassibles qui interprètent ces représentations de la mort. Conjuguant deux paradoxes mythiques : l’incarnation de l’œuvre d’art et la réification de l’être humain à travers la performance des acteurs. L’exposition, le lendemain du vernissage, conserve la trace de cette “réactivation” à travers la photographie, version latente et documentaire de l’œuvre.
Issu d’un travail de mémoire de l’artiste, Mon plan du plan de métro parisien (2000) retranscrit ce dont il se souvient pour l’avoir suffisamment pratiqué. S’il évoque ainsi les débuts de la cartographie, où seuls les territoires réellement visités et considérés comme connus pouvaient être figurés par un plan ou par une carte, ce “plan” par définition n’en est pas un. Unique, il témoigne d’une expérience et d’une connaissance personnelle et n’a pas de prétention fonctionnelle. Humble retranscription d’une démarche d’apprentissage, cette œuvre amène à reconsidérer ce qui semble définitivement acquis qu’il s’agisse d’un code, d’un langage ou d’un savoir.


Claude LEVÊQUE



Spectaculaire et radical, le travail de Claude Lévêque traduit un regard désenchanté sur l’état du monde actuel. S’opposant avec force et sans concession à tous les conservatismes et retours à l’ordre, son travail manifeste, dans les tabous qu’il soulève, une vigilance et une résistance de chaque instant. Son constant refus de la norme traduit un projet profondément humaniste et politique : “je pense que l’art contemporain peut provoquer un espace différent de redécouverte des choses, indépendant des obligations de consommation dictées par des médias avilissants, des politiciens corrompus et des marchands de jeux, de pavillons ou de bagnoles”. Sans jamais céder au divertissement ni à la nostalgie, l’artiste implique très fortement le visiteur dans son processus artistique, et le confronte implacablement à lui-même, lui laissant parfois à peine la possibilité de prendre ses distances. Ses œuvres se présentent pour la plupart sous forme de mises en scène, de dispositifs où les sons, les lumières, les images, les mots et les objets convoquent ses sens et l’éprouvent physiquement et psychologiquement. Dans Sans titre (1997), la répétition, l’alignement et la frontalité des boîtes à lettres noient dans la masse standardisée toute tentative d’individualisation et renvoient à l’image d’un univers dur, industriel, aliénant et chaotique, au sein duquel chacun oscille, partagé entre le désir de s’y conformer et celui de s’en évader.


Urs LÜTHI

Lüthi / Nature morte

Figure reconnue de l’art corporel dès la fin des années soixante, Urs Lüthi développe dans son travail, principalement photographique, la figure de l’autoportrait à laquelle il indexe des représentations du monde extérieur. Paysages, architectures, éléments ornementaux et décoratifs, scènes et objets de la vie ordinaire, viennent ainsi inscrire l’individu dans le contexte culturel et social de son époque.
L’œuvre Nature morte (1992) à la matérialité ambivalente, tour à tour image et tableau, miroir et verre brisé, dont le sujet s’efface derrière la présence de l’objet, s’offre comme en contrepoint des autoportraits de l’artiste réalisés en noir et blanc. Cette œuvre dont le titre réfère directement au genre pictural classique, en reprend le contenu métaphysique et se joue à travers le cliché, de l’association du mythe de Narcisse à l’histoire de la représentation, qu’elle soit picturale ou photographique. Elle prend son point de départ dans la prise de vue d’un verre brisé, que l’artiste a ensuite teinté. Il transforme - à travers ce geste pictural qui vient subvertir la photographie, et en jouant sur l’agrandissement du détail qui devient ornement - un sujet qui pouvait sembler trivial et dérisoire, en un motif décoratif abstrait presque maniériste ; manière de transfigurer le banal en sublime.


Didier MARCEL

Marcel / Black, Silver and Gold

Les sculptures de Didier Marcel sont issues du vocabulaire formel de l’architecture et du design : le module ou la maquette qui viennent préfigurer l’espace urbain, le présentoir ou la tête de gondole qu’élabore stratégiquement l’architecte d’intérieur ou le scénographe. L’œuvre Black, Silver and Gold (2001) s’apparente ainsi à la fois à la sculpture sérielle (entre socle et module minimaliste), à l’architecture high-tech voire avant-gardiste et au mobilier design (sorte de podium mobile) dont l’artiste décline trois versions : “noire”, “argent” et “or”. L’utilisation de cette gamme de couleurs lui permet de jouer sur plusieurs registres : constamment usitée dans les produits de luxe pour sa correspondance aux métaux précieux, elle est aussi considérée comme particulièrement kitsch quand elle touche aux produits de consommation courante.
De ce travail se dégage une réflexion qui interroge les modes et les stratégies de présentation, de décoration à l’œuvre, aussi bien dans notre environnement domestique que dans un espace d’exposition (musée, galerie…) ou un quelconque lieu de monstration ou de présentation d’objets de consommation (foire, supermarché…). À travers l’objet et ses modalités de présentation, le travail de Didier Marcel questionne autant les processus de création ou d’adaptation de l’environnement que sa gestion à des fins économiques, politiques et sociologiques, visant à prédéfinir nos comportements.


Josef ROBAKOWSKI

Etudiant puis enseignant à l’Ecole Supérieure Nationale du Cinéma, Télévision et Théâtre (PWSFTVIT) à Lodz, Josef Robakowski a été un des fondateurs du groupe photographique Zero-61 puis de l’Atelier de la forme cinématographique, l’un des groupes les plus actifs des avant-gardes polonaises des années soixante-dix.
L’un des fondements de sa production artistique est la recherche dans l’artefactualité de l’art d’un fond qui soit le contraire même de l’artifice. Trouver des gestes naturels était une problématique totalement inconnue en Pologne, puisque ces gestes - étant liés à la réalité - n’étaient pas considérés communément comme appartenant à l’art. Si tout objet du terrain artistique devait être artificiellement façonné, la conception de Robakowski était de trouver dans la réalité des situations qui puissent s’importer dans le monde de l’art.
Il en va ainsi de son œuvre vidéo I’m Going, où l’artiste dénombre les marches d’escalier d’un mirador qu’il gravit essoufflé, liant ainsi un acte répétitif quotidien aux heures noires de la Pologne durant la seconde guerre mondiale.
Cars Cars consiste en un dénombrement ironique des véhicules que l’artiste peut voir de sa fenêtre, grille de lecture de la société polonaise contemporaine.


Allen RUPPERSBERG



Les Poster Objects
(1991) d’Allen Ruppersberg sont littéralement à entendre comme des “affiches-objets” qui croisent l’affiche (comme slogan associé à un graphisme efficace) et la façon dont elle se donne à voir, son support et sa présentation. Les ayant sérigraphiées sur des matériaux divers comme un clin d’œil aux multiples d’Andy Warhol ou aux Specific Objects de Donald Judd, l’artiste pousse le détournement jusqu’à l’absurde, questionnant jusqu’à leur place en tant qu’œuvres par leur accrochage dans l’exposition. Posées au sol, disséminées ci et là, épinglées au bas des murs, elles viennent ponctuer l’espace, le parasiter ou renvoyer aux autres œuvres. Leur contenu n’est pas moins corrosif : slogans tirés des affiches de campagnes électorales, de jeux télévisés (“pour ou contre - vrai ou faux”, “l’aventure pas le progrès - le progrès pas l’aventure”), de publicités (“est-ce qu’une chose est meilleure qu’une autre”), sentences reprises et détournées (“la couleur de la perfection, c’est le rose”), assertions philosophico-existentialistes (“pourquoi échouons-nous”, “où devrais-je aller”, “pourquoi est-ce toujours la même chose”) jouent sur la nature du langage, communicationnelle autant que fictionnelle.

Isabelle Delamont


Pierrick SORIN

Sorin / Réveils

Réveils
est une pièce de la première période des travaux de Pierrick Sorin, celle de la fin de ses études aux Beaux Arts de Nantes. Dans cet autofilmage, l’artiste met en place un dispositif visant à filmer son réveil. Jour après jour, il regrettera de ne pas s’être couché tôt, dans un contre-pied burlesque au “Longtemps je me suis couché de bonne heure” proustien ouvrant A la recherche du temps perdu.
Pierrick Sorin, nonobstant ses qualités d’acteur, est avant tout un artiste de cette charnière des deux siècles qui s’est révélé au cours des années quatre-vingt-dix. Et ce n’est pas indifférent.
De l’époque, il partage l’attirance pour le quotidien le plus banal.
De l’époque, il aime également le bricolage, ces œuvres que l’on confectionne avec trois bouts de ficelle, quelques outils de jardin et un peu d’imagination.
De tout cela, il est question au cinéma, au théâtre, parfois en architecture, souvent en littérature, dans les arts plastiques, ça va sans dire. Là où il faut peut-être chercher la qualité très singulière de Pierrick Sorin, c’est qu’en ayant l’air de convoquer le cinéma ou la littérature, il réalise une œuvre très spécifiquement plastique quoi que poreuse aux divers courants de la création.


Niele TORONI

Toroni / Empreintes de pinceau n° 50 à intervalles réguliers de 30 cm

Niele Toroni est, en 1966 et 1967, l’un des protagonistes de BMPT (Buren, Mosset, Parmentier, Toroni), convergence temporaire de quatre artistes qui entendent interroger de manière critique le sens de l’activité picturale. Niele Toroni détermine la peinture, comme geste de non-recouvrement d’une surface, par des Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm.
Comme l’a suffisamment répété l’artiste, son projet échappe ainsi à tout idéalisme ou à toute construction mythique de la peinture, comme on ne saurait le réduire à la simple répétition mécanique de sa propre identité sérielle. Les “empreintes” de Niele Toroni prennent en effet pour support, non seulement des toiles tendues sur châssis, dans le dispositif classique de la peinture de chevalet, mais également les murs des espaces d’exposition, parfois encore des papiers journaux épinglés ou suspendus, des toiles libres de différentes qualités, installées en fonction des contraintes des lieux investis. Le lien du travail avec les contextes est par conséquent essentiel, même si on ne saurait dénier aux œuvres une véritable autonomie, paradoxe qui fonde certainement la richesse et la complexité de cette position artistique.


Patrick TOSANI



Ayant entrepris de décrire le réel au moyen de la photographie dont il évacue tout aspect documentaire ou illusionniste, Patrick Tosani fabrique des images, tout en laissant transparaître le processus employé, qu’il adapte en fonction de la nature des choses. L’image obtenue n’est qu’un moyen de questionner, d’analyser et de comprendre l’essence et la complexité du monde qui nous entoure. Comment donner à voir la pluie, comment la donner à entendre ou à comprendre dans sa nature physique, comme dans ce qu’elle induit de plus poétique à travers son rapport au langage ou de plus métaphysique comme l’appréhension du temps ? Dans ses deux photographies La Pluie Seule (1986) et sa variation La Pluie Barrée (1986) issues de la série des Écritures de Pluie (1986-89), l’artiste choisit de nous montrer une pluie de studio, comme semblant illustrer parfaitement l’expression “pleuvoir des cordes”. L’artifice “gros comme une ficelle” utilisé pour obtenir l’image, associé à sa variation à la fois concrète, matérielle et poétique (par son décalage dans le champ de l’écrit), dégagent paradoxalement l’image de tout aspect superfétatoire. Rendant alors paradoxalement la pluie extrêmement présente et signifiante, le travail photographique de Patrick Tosani constitue un “parti pris des choses” à la Francis Ponge.


Andy WARHOL

Warhol / Electric chairs

Utilisant quasi exclusivement la technique de la sérigraphie, Andy Warhol aura su en très peu de temps trouver son style paradoxalement simple mais sans égal et marquer de façon indélébile la conception de l’image dans la peinture à l’orée des années soixante. Avec le formidable développement des médias et l’installation du système de consommation, cette époque constitue un patrimoine d’images à la fois produits et symboles que Warhol ne va dès lors cesser de réutiliser : la bouteille de Coca-Cola, la boîte de soupe Campbell, les portraits de stars... L’artiste décline tous les mythes et les objets fétiches de notre culture avec un intérêt inassouvi pour le banal et le standard, au service desquels s’accomplit un savoir-faire sans défaut : répétition, déclinaison, juxtaposition, mise en série, photocopie, coloriage, décalage de l’impression, effet de solarisation... Warhol fait preuve d’une science de l’économie de moyens et de la justesse d’emploi dans la présentation simple de l’objet brut ou dans son accumulation.
Sérigraphiée, la chaise électrique renvoie aux valeurs de base de la société américaine, au même titre que ses stars ou ses produits de consommation. Vide et solitaire au sein de sa propre répétition, silencieuse et belle dans la profondeur voilée de son image, la chaise électrique attend le spectateur qui la découvre incontournable et identique sous chaque changement de couleur, telle une obsession anesthésiée.

Alain Rérat

Bis repetita placent

Une exposition, deux lieux
Rurart (espace d'art)
Frac Poitou Charentes

23 février au 10 mai 2005, entrée libre tjl 10h-12h 14h-18h, sauf samedi et jours fériés, - Dimanche 15h-18h -

Autour de l'exposition
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D150, lycée Poitiers-venours 86480 Rouillé
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