Reynald DROUHINDes fragsDes Frags, 2000-01, Reynald Drouhin <image, mosaïque, recyclage, participation>
Dans cette oeuvre participative, l'internaute est invité à fournir une image, et à déterminer un certain nombre de choix et de réglagles pour produire une nouvelle image recomposée. L'application des frags est liée à un moteur de recherche d'image sur Internet, lui permettant de recalculer l'image source à partir des fragments d'images trouvés correspondant à un mot clé choisi par le visiteur...
"Des frags est un projet utilisant les ressources disponibles sur le net pour leurs faire dire autre chose que leur message initial, pour cela le projet est en apparence très simple : utiliser des outils existants et disponibles sur le web pour réaliser l'oeuvre finale (de/par/et avec le net). Des frags, c'est une défragmentation du réseau internet, il existe une multitude d'informations sur la toile, ce projet permet de les faire coexister ensemble dans une même image finale : Une matrice qui servirait de repère global aux différents éléments qui la composent... (Reynald Drouhin, http://desfrags.cicv.fr/)
Ce procédé de défragmenation visuelle est utilisé par l'artiste dans nombre de ses oeuvres en ligne (comme Timescape par exemple) : les fragments d'image sont gommés, seuls leur nombre, leur répétition et leur contraste coloré permet de rendre perceptible l'image matrice recomposée. |
Histoire(s)Histoire(s), 2002, Reynald Drouhin <vidéo, boucles, intime, aléatoire>
"Histoire(s) est un dialogue entre un enfant et son
père. Ce site Internet est composé de vidéos "pilotables" et en lecture non linéaire. La navigation se fait une utilisant le haut, le bas, la gauche et la droite de chaque vidéo. En roll over et au clic : une action active la vidéo, un clic au milieu de la vidéo permet d'en charger une autre aléatoirement." (Reynald Drouhin, http://incident.net/works/histoires/readme.html).
Histoire(s) use de l'un des principes intrinsèque à l'art numérique : l'intéractivité, qui transforme l'œuvre en objet manipulable et modifiable à souhait par un tiers. L'interface vidéo se mue en système de navigation par lequel le spectateur peut "jouer" de chaque boucle comme il l'entend (mettre en pause, en lecture accélérée, à l'envers...), en activant, au hasard, un montage non linéaire et aléatoire... La situation et les dialogues prennent sens, se font écho, évoluent ou s'enrayent au gré du hasard et des manipulations du spectateur. |
D'autant qu'à plusieursD'autant qu'à plusieurs, 2001, Samuel Bianchini <image, interactivité, foule, papier-peint>
La série des Dispn, dispositifs d'image interactive sur le web, créée par Samuel Bianchini, traite du caractère intéractif propre aux images numériques, et du pouvoir concédé à l'utilisateur qui les manipule : lorsqu'il s'agit de prendre la place d'un sniper, de diriger le mouvement d'une foule ou d'activer les coups droits, crochets et uppercuts de deux boxeurs, c'est notre pouvoir manipulateur et notre conscience qui sont interrogés...
"D'autant qu'à plusieurs met en œuvre l'image de deux personnes assises l'une derrière l'autre sur un gradin. Tel un motif de papier peint, cette image est répétée, formant une foule. [...] D'abord fixe, l'image de foule s'anime au passage du curseur [...] Plus [le spectateur] déplace la souris et plus il fait réagir l'image, motif après motif, créant un mouvement de foule qui suit le mouvement de la souris : il forme une sorte de "ola" ou, selon l'interprétation, un "salut collectif et ordonné". [...] Si dans un premier temps la découverte ludique du procédé mobilise nos gestes et nous conduit à les organiser pour animer cette foule, assez rapidement ces mêmes gestes acquièrent une épaisseur, un sens qui nous prend à partie. L'ambivalence de ce mouvement de foule qui motive et intègre notre action nous interroge sur les pulsions qui traversent une situation collective et auxquelles il n'est pas toujours facile de résister. [...]" (Samuel Bianchini, http://www.olats.org/projetpart/artmedia/2002/ |
Miltos MANETASJacsonpollock.orgJacksonpollock.org, 2003, Miltos Manetas <générateur, jackdon pollock, simulateur, geste>
Jacksonpollock.org est un site à produire une "peinture" automatique et numérique à la manière de... Jackson Pollock !
Le principe technique est un générateur d'image qui s'applique à définir la construction d'une animation (au format flash) - le tracé des lignes et des traits, l'application de la couleur, la taille de la forme - et qui recquiert l'habilité de l'utilisateur à manier les mouvement de sa souris... "l'art génératif repose sur un programme informatique
(le générateur), conçu par l'artiste, qui engendre
des formes dans un domaine donné (arts visuels, art du son,
littérature, etc.). (Annick Bureaud, Les basiques : "art multimédia", http://www.olats.org/livresetudes/basiques/10_basiques.php)
L'un des préceptes de Miltos Manetas, artiste grec, est son oppostion au copyright, il glorifie la copie : "il travaille entre Los Angeles et Paris et pratique la peinture ou encore les médias électroniques – [il] est l'auteur d'un site lancé en 2001, iamgonnacopy.com, qui invite les artistes à copier et à voter pour ou contre le copyright" (Samuel Schellenberg, Le Courrier, http://www.lecourrier.ch/print.php?sid=38732 |
Golan LEVINThe secret life of numbersThe secret life of numbres, 1997 et 2002, Golan Levin <banque de donnée, classement, chiffres, interface>
"The Secret Lives of Numbers (La vie cachée des nombres), depuis 1997, de Golan Levin recense, dans une base de données, la présence et la fréquence des chiffres de 0 à 1 000 000 dans les pages sur Internet et propose une interface graphique interactive de visualisation par chiffre ou par groupe. Les tendances qui se révèlent, comme la fréquence des noms-numéros de certains microprocesseurs vedettes, ou certains chiffres phares dans une culture, établissent une sorte de portrait des communautés qui ont construit (et qui continuent de construire) Internet, de leurs centres d'intérêt, de la culture et de la mémoire que nous avons collectivement établies dans cet espace."
(Annick Bureaud, Les basiques : art "multimédia", http://www.olats.org/livresetudes/basiques/7_basiques.php#Creation)
L'interface comme véritable contenu de l'œuvre est au cœur de la cartographie et de la visualisation du web et de l'Internet. |
TimescapeTimescape, 2002, Reynald Drouhin <fragments, trame, flux, paysage, Internet>
"24h sur 24h des recherches d'images sont effectuées sur Internet, Timescape permet de visualiser des instants de recherches en temps réel. Des fragments de l'Internet, sous forme de tableaux-paysages, sont présentés dans une accumulation de mosaïques, dans une fenêtre ou encore dans un diaporama ; ces ensembles vont se succéder et laisser apparaître des contenus aléatoires. Ces paysages seront différents à chaque connexion et à chaque chargement de la page. Suivant la tranche horaire dans laquelle vous êtes : une trame générale se dessinera... à vous de définir quelle en est la matrice..." (Reynald Drouhin, http://www.incident.net/works/timescape/readme.html).
Parmi son corpus d'œuvres - comme Des Frags - qui détournent les outils (moteurs de recherches ou web cam), Timescape dévoile l'activité d'un moteur de recherche d'images et dresse ainsi la typologie quotidienne des usages et des habitudes des internautes. "Des diagrammes économiques du matin “très beaux lorsque le pixel est agrandi” aux images porno du soir, l’artiste donne à voir, sans censure, un état du tumultueux paysage d’Internet et livre ainsi une amorce de sociologie, à l’échelle du monde, des pratiques virtuelles." (SVM Mac / Annik Hémery, http://www.incident.net/works/timescape/readme.html). |
Ta gardeTa garde, 2000, Samuel Bianchini <image, interactivité, combat, décalage>
"Avec le dispositif Ta garde, deux boxeurs se battent
par images interposées. Côte à côte, celles-ci
affichent un fond identique, dupliqué : une vue fixe sur le
ring. Chacun des boxeurs progresse dans une de ces images. L'un évolue
subrepticement dès que le spectateur survole l'autre par un
mouvement de souris. Le curseur sur la droite de l'écran provoque
une action du boxeur à gauche, puis c'est l'inverse. Cette
mécanique une fois comprise reste pourtant contrariante : en
déphasant geste et regard, elle n'est pas ergonomique. Droite,
gauche, accélérer, peut-être est-ce une solution
? Chacun, tour à tour, est en action, le spectateur aussi. (Samuel Bianchini, http://www.olats.org/projetpart/artmedia/2002/t_sBianchini.html) |
Samuel BIANCHINISniperSniper, 1999, Samuel Bianchini <image, interactivité, puzzle, guerre, tuer>
"Sniper nous place face aux images d'une séquence vidéo des quelques secondes de la chute d'une femme abattue par un Sniper. Ces quelques images sont extraites du film auquel ce travail fait écho : Warshots du réalisateur allemand Heiner Stadler. Chacune de ces images est découpée en vingt-cinq parties. À chaque fois que le spectateur survole l'une de celles-ci, il révèle la partie correspondante de l'image suivante. L'écran se compose alors de fragments de différentes images mettant sur un même plan des temps différents de la chute. Cette "profondeur de temps" devient l'objet de "la manipulation du spectateur". En position parallèle à celle du sniper, il se voit progressivement responsabilisé de la situation et prend toute la mesure de ses gestes." (Samuel Bianchini, http://www.olats.org/projetpart/artmedia/2002/ |
Nicolas CLAUSSet J.-J. Birgé / D. Silhol SomnambulesSomnambules, 2003, Nicolas Clauss, Jean-Jacque Birgé et Didier Silhol <peinture, danse, vidéo, interactivité>
Créé pour l’internet, Somnambules est un spectacle chorégraphique et interactif en douze tableaux et leurs préludes. Il réunit la danse contact, la peinture, la vidéo et la musique. "La Danse Contact Improvisation, dont Didier Silhol est en France
l'un des précurseurs, joue avec les lois physiques et les rapports
humains à travers la gravité et l'expansion, l'altruisme
et la résistance, l'inertie et l'impulsion, l'acceptation et
le refus, toutes sortes de données qui trouvent leur résolution
dans la danse. Cette nouvelle œuvre trouve sa source dans les courts travaux interactifs réalisés par Jean-Jacques Birgé et Nicolas Clauss, et mis en ligne sur le site flyingpuppet." (http://www.somnambules.net/present.htm) |
Nicolas CLAUSSet J.-J. Birgé One day in the airOne day in the air, 2002, Nicolas Clauss et Jean-Jacque Birgé <radio, brouillage, ondes, superposition>
Nicolas Clauss "est un peintre aux pinceaux électroniques, qui élabore une œuvre intimiste, subtile, exigeante, via des modules interactifs qu'il distille sur Flying Puppet ou d'autres projets de collaboration sur la Toile." (Annick RIVOIRE, Libération, http://www.liberation.fr/page.php?Article=271910)
One day in the air, module issu du site Flying Puppet, propose une tentative de déambulation visuelle et sonore des ondes radiophoniques, en différé... Bribes de phrases, de musiques, de bruits parasites, enregistrées sur les ondes le lundi 8 juillet 2002 s'entemêlent au survol de la souris. Au brouillage des fréquences sonores s'associent des images superposées qui s'étirent et se succèdent... |
ArbreArbre, 2004, Reynald Drouhin <image, arbre, ramification, zoom>
Sur le mode graphique de Des Frags, Arbre est une œuvre plastique qui traite de la fragmentation et la défragmentation : des données premières sont réappropriées et détournées pour leur faire dire autre chose que leur contenu initial. Ici, les fragments - des images de reportages télé sur des manifestants grenoblois habitant des arbres pour empêcher leur destruction - sont réinvestis dans des images matrices représentant des photographies d'arbres du bois de Vincennes.
Seules différences d'avec Des frags : l'œuvre n'est pas participative, elle a été conçue par Reynald Drouhin seul ; un effet de zoom sur les mosaïques permet de découvrir la teneur des fragments. Elle a été réalisée pour la thématique nature morte du site web Incident.net.
A l'instar du film mythique d'Antonioni, Blow-up, ou le protagoniste semblait déceler une scène de meurtre dans l'image d'un paysage banal, ici la mosaïque recomposée représente l'image tranquille et esthétique d'un arbre, d'un tronc, de branches, un début de paysage... En se rapprochant grâce au zoom, on découvre des parcelles d'images qui disent et montrent autre chose : "des maisons, habiter, sauver un parc, protestation, revendication, police, CRS, déconstruction, destruction, nature morte" (Reynald Drouhin). |
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WEB ARTSélection de sites
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JumeauJumeau, 2003, Nicolas Clauss et Jean-Jacque Birgé <palindrome, vidéo, boucle, alcool>
Dans ce module, Jumeau, toujours issu du site Flying Puppet, la répétition tient lieu de la spirale sans issue, du recommencement incessant : un comptoir, un bar, une bouteille qu'on débouche, un homme qui sert à boire, l'autre qui boit, une tâche nettoyée... Les boucles vidéo s'enchaînent les unes aux autres et constituent la figure parfaite du palindrome : l'histoire sans fin peut se jouer dans le sens de lecture avant ou arrière, selon le placement du curseur à droite ou à gauche de l'image. Sur fond de musique entêtante, c'est l'illustraton humoristique de la dépendance et de l'addiction... |
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| 24 heures, 2004, Marika Dermineur <vidéo, quotidien, fragments, rituel, journée>
"Vidéo orientée,
durée : 24H. Passivité devant l'écran ; à
l'écran ça s'active et s'actualise : sous forme de fragments
du quotidien, de reconstitution d'une journée, ça joue
à vivre : à ma place.
Pièce qui peut se jouer de
manière autonome, 24 heures est également active
et inscrite à l’intérieur d’une autre œuvre
de Marika Dermineur The inhabitants, http://www.impaktonline.nl/database/inhabitants/.
Marika DERMINEUR24 heures |
Googlehouse, 2003, Marika Dermineur et Stéphane Degoutin <image, habitation, empilement, requête, google>
La Googlehouse est un dispositif qui construit en temps réel une maison à partir d’images de pièces d’habitation (living room, tv room...) trouvées sur internet via un moteur de recherche d'images de Google.
"Les images s'affichent l'une après l'autre pour former progressivement un long mur qui se déploie selon des règles précises jusqu'à obtenir un collage 3D de centaines de chambres, cuisines, salons qui sommeillaient quelque part dans l'anonymat de la Toile. «Googlehouse est une sorte de miroir déformant du moteur de recherche d'images Google. Ce qui nous a intéressés, c'est la position centrale des moteurs de recherche qui permettent et contrôlent l'accès à l'information sur l'Internet, y compris aux images intimes et anonymes trouvées sur les nombreux sites persos.»" (Marie Lechner / Marika Dermineur, http://www.afnet.fr/portail/news/06_off-shore/465_off, source Libération) Marika DERMINEURet S. Degoutin Googlehouse |
Thimothée ROLINADaMADaM, 2001, Thimothée Rolin <banque de données, quotidien, archive, collection, mémoire>
Depuis le mois de novembre 2001, Thimothée Rolin s'impose
quotidiennement des contraintes telles que se prendre en photo au
lever du lit, prendre en photo une vue de la fenêtre du lieu
ou l'on a dormi, prendre en photo tout être vivant et les interactions
avec ce dernier, etc. Il invite tout internaute à participer
à son site et à la construcion de cette immense base
de données du quotidien. "Toute personne qui contribue à ADaM documente sa journée
par une série de photos assorties d'un bref commentaire. Divers
critères sont appliqués à chaque photo : auteur,
date, lieu, objets et personnes photographiés, couleurs, etc.
On peut, évidemment, suivre la journée de quelqu'un,
qui constitue en soi un micro-récit. Mais rapidement, on croise
les histoires pour en créer de nouvelles qui, objectivement,
n'existent pas au départ mais sont construites par l'internaute.
Plus exactement, elles sont en germe dans les critères de sélection,
dans ces points communs entre des objets, des individus et des lieux
différents. Le critère de tri et la logique de la sélection,
du prélèvement, deviennent ainsi le cœur de la
structure narrative. La narration n'est plus continuum préalable,
même découpé en modules auxquels on accède
par des liens, mais s'opère à partir d'éléments
discrets et discontinus et est construite par son lecteur. La base de données sert des œuvres aux propos et à l'esthétique variés : [il s'agit, pour Thimothée Rolin, d'une] esthétique du quotidien." (Annick Bureaud, Les basiques : "art multimédia", http://www.olats.org/livresetudes/basiques/10_basiques.php) |
TraumaTrauma, 2002, Nicolas Clauss et Jean-Jacques Birgé <rythme, sample, musique, métro, geste, japon>
Autre module issu du site Flying Puppet, Trauma permet au visiteur d'intéragir sur une composition répétitive : le survol sur les quatre carrés proposés permet d'activer des samples musicaux ou sonores associés aux boucles gestuelles saccadées d'une femme assise dans le métro...
"La réflexion d'auteur multimédia s'est portée sur la composition graphique, proche de son univers de peintre. Elle s'est également éprouvée sur l'interactivité. Avec l'intention "d'éviter les gadgets, (de) ne pas en mettre où il n'y en a pas besoin." Il a aussi pris le parti de ne pas être explicite, renonçant à toute indication de navigation en cours de route, parce que, "après tout, il s'agit d'un travail artistique, et pas d'un travail de documentaire". Le "dosage entre ce qui est interactif et ce qui ne l'est pas", c'est-à-dire les passages linéaires, reste ainsi parfois opaque pour le visiteur." (Damien Legrand, http://www.graphiland.fr/news_t/news_t.asp?code=2491&CS=Yes)
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