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Éric la Casa

"Techniquement, j'enregistre de façon plus ou moins préméditée, dans des sites principalement non-urbains. A l’aide d’une paire de microphones électrostatiques, je me mets en posture d’écoute privilégiée. Les microphones inspirent tout ce qui advient d’un paysage choisi, dans un instant précis. J’enregistre toute la rumeur du paysage. A la différence d’un collectionneur de sons, de timbres, je m’intéresse à ce qui fait/est cette rumeur. Et en cela, un son particulier, aussi intéressant soit-il, est toujours le produit d’une géographie, d’une histoire du paysage. J'en révèle ses qualités, ses propriétés dans son interdépendance avec le site. Avec tous ces instants, je me constitue une sonothèque de rencontres sensibles. Sortir un son de cette sonothèque induit une remontée dans la sensation en amont. Tout mon travail de composition consiste à ne pas perdre cette sensation, tout en développant un nouvel espace d’écoute, adapté à notre réalité, c'est-à-dire dimensionner le réel capté au sein du dispositif stéréophonique de nos espaces intérieurs. Ainsi, je mets en relation intimiste l’auditeur avec les énergies vibratiles d’un paysage sonore "reconstitué". Lorsque je compose, je suis dans un excès d’attention, pour une écoute optimum. J'utilise le mot apnée pour exacerber le sens de ce qui fait ma réalité, dans le temps de la création. Je retrouve la densité du réel enregistré, et accorde ainsi mon souffle avec lui. C’est par le souffle que je pratique le temps, et que je suis inclus dans son processus créatif. J’inscris toujours mon travail de façon consciente, mais aussi intuitive. Je déploie des compositions où l’écoute peut s’enfoncer dans les strates d'un paysage. L’auditeur est mis en contact avec cette densité du réel dans le sens où, comme le dit Yves Bonnefoy, « le marcheur prend de court l’opacité du réel ».
Mon travail est tout autant d'interroger la perception du réel que d'élargir ce qui fait musique aujourd'hui."

Eric La Casa

Eric La Casa : création sonore

La composition sonore Nuées est construite en quatre parties :

1. Nuit à partir des respirations et des voix ;
2. Aube
3. Crépuscule à partir des matériaux de l'atelier et d'un orgue (à l'extrème fin) ;
4. Mémoire-horizon à partir d'un orgue, Jean-Luc Guionnet, musicien et compositeur, improvise sur l'orgue de Notre-Dame du bas Belleville et celui de la chapelle Saint-Louis, à Paris.

écouter des extraits

extraits de matériaux réalisés par Eric La Casa pour Nuées (non utilisés pour la composition):

mix-chant

chant 1k2

murmure lent

Mémoires de Terre,

Jephan de Villiers

25 juin au 31 janvier 2005

Commissariat d'exposition : M. Stupar

Autour de l'exposition "Mémoire de terre"


> Extraits du catalogue
d'exposition

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