ART | exposition Ecritures de Lumière, 31 mai - 29 juillet 2012
en préparation ...
en savoir +
MULTIMEDIA | ASSISES EDUCPOPTIC 2.0, 22 mai 2012, journée en Charente-maritime, Palais des congrés de Rochefort
en savoir +
![Rurart [photo de K� de Hermann Pitz] Rurart [photo de K� de Hermann Pitz]](images/pitz_100.jpg)
![Rurart [photo de The Big One World de Bruno Peinado] Rurart [photo de The Big One World de Bruno Peinado]](images/peinado_100.jpg)
Exposition itinérante conçue pour les lycées
agricoles publics de la région Poitou-Charentes, Points
de vue développe selon les lieux qui l’accueillent,
une proposition axée sur les relations qu’entretiennent
l’art, la science et la philosophie.
Démarches et pratiques artistiques contemporaines très
diverses (peinture, photographie, vidéo, sculpture et installation)
dialoguent autour de la notion de " point de vue "à
entendre au sens propre comme au figuré.
Perspective, optique, illusion et inversion, construction et composition
d’une représentation, expérience physique ou
exploration mentale de l’espace et du temps, concourent ici
dans le dialogue instauré par les œuvres à la
construction du point de vue de chacun, libre, critique et autonome,
détournant avec humour, rigueur ou subversion, les codes,
les conventions et les principes qui font figure d’autorité.
Point
de Vue, 1983-84
fer et cordelette
100 x 99 x 30 cm et 177 x 100 x 15 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
Photo : Marc DeneyerMARIE BOURGET>
Notice Frac Poitou-Charentes
Marie
Bourget
Marie Bourget travaille avec humour
et poésie sur les codes de la représentation
classique produits par la perspective mais aussi sur les codes
de représentation de la sculpture et du dessin, hérités
de la sculpture moderne.
Son travail de sculpture se déploie au mur et au sol.
Dessins matérialisés dans l’espace (la
maison, son plan, ses lignes de fuite et d’horizon)
Point de vue reprend la subtilité du croquis,
de l’idée, avec une délicatesse et une
simplicité toute minimale. La sculpture se situe comme
en équilibre sur cette frontière périlleuse
entre représentation et abstraction, comme un signe,
un concentré de l’idée de paysage. Elle
invite à interroger notre appréhension du réel,
à réviser nos certitudes et à porter
un regard neuf sur ce qui nous entoure.
" Fabriquer ce dessin c’est faire exister et rendre
visible en trois dimensions un code de représentation
pour cet objet qui n’existe que parce qu’il est
représenté. Ainsi le spectateur a-t-il un point
de vue sur un point de vue. "
(I. Vierget in catalogue Collection fin XXe,
édition FRAC Poitou-Charentes, 1995).
![Rurart [photo de Non et Vive de Michel Dupuy et Michel Dector] Rurart [photo de Non et Vive de Michel Dupuy et Michel Dector]](images/dector_dupuy.jpg)
NON, 2001
photocopies couleur marouflées sur toile
120 x 130 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
© Galerie Art Attitude Hervé Bize, Nancy
VIVE, 2001
photocopies couleur marouflées sur toile
97 x 130 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
© Galerie Art Attitude Hervé Bize, Nancy
Notice Frac Poitou-Charentes
Michel
Dector / Michel Dupuy
Au gré des rencontres et des
parcours, Michel Dector et Michel Dupuy glanent les traces
et indices de la vie de la cité, là où
elle s’exprime, sur les murs, dans la rue, en marge
d’une organisation sociale bien établie.
Ils collectent ainsi les traces qui résultent de gestes
délibérés, comme les rayures sur les
carrosseries de voitures ; et les mots, les signes, qui viennent
se dire sans contrainte à la faveur de la nuit : les
tags, les graffitis, les slogans, caviardés ou non,
les déclarations d’amour comme les revendications
existentialistes ou politiques de tous bords.
Leurs œuvres en conservent " le bruit et la fureur
", la banalité comme la poésie, sans préjuger
de leur signification. Elles se traduisent par des gestes
modestes et parfois dérisoires : qu’ils restaurent
une cannette de bière en en recollant les bris, ou
qu’ils retranscrivent une liste de slogans sur des photocopies.
" Nous recueillons des inscriptions sur les murs des
villes. Leur collection et leur classement par ordre alphabétique
donne un texte général. Nous sélectionnons
ensuite des slogans dans ce texte selon différentes
procédures (par exemple tous les "Vive",
ou toutes les inscriptions portant des nombres, ou ceux qui
résultent de la collecte d’un endroit précis).
Le choix d’une technique commune, la photocopie, permet
de produire (parfois de manière inattendue) certaines
couleurs, leur association par collage augmente la vibration
de la surface par un effet de carrelage. "
Leur re-contextualisation dans le champ de l’art (les
photocopies sont marouflées sur châssis et présentées
comme des tableaux), leur inscription dans ce territoire lui
aussi à la marge de la vie de la cité, leur
offre un second temps de lisibilité, de confrontation,
comme un acte de résistance ultime opposé à
l’indifférence générale.
![Rurart [photo de Tree, ponderosa pine II de Rodney Graham] Rurart [photo de Tree, ponderosa pine II de Rodney Graham]](images/graham.jpg)
Tree,
ponderosa pine II, 1991
photographie cibachrome
219 x 177,5 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
Photo : Richard Porteau
Notice Frac Poitou-Charentes
Rodney
Graham
Flirtant avec la philosophie, la sociologie,
l'histoire et la psychanalyse, les œuvres de Rodney Graham,
(films, vidéos, photographies, maquettes, livres ou
partitions musicales) interrogent la façon dont on
perçoit, dont on reçoit l’art, et plus
généralement comment se construit et se transmet
une culture.
Sur un mode rigoureusement conceptuel, ses œuvres analysent
les structures formelles et narratives de différents
médias (photo, vidéo, édition, etc.)
pour mieux en saper les fondements, contestant ce qui fait
figure d’autorité, de tradition et de convention.
L’arbre désigné ici en toute objectivité
par son essence botanique est un élément récurrent
du travail de l’artiste. Symbole et image universels,
reconnaissable de tous, l’arbre figure ici l’idée
de nature et renvoie à une prise de conscience réellement
écologique. L’image inversée est aussi
l’image première de la photographie et vient
rappeler le principe de la chambre noire : de la camera
obscura (où comme sur la rétine, l’image
s’imprime la tête en bas, le cerveau humain la
restituant ensuite à l’endroit). Signe universel,
il est aussi ici celui de la photographie et marque les tensions
qui l’occupent entre sa capacité à faire
image et sa fonction de constat de la réalité.
![Rurart [photo de Dubbing de Pierre Huyghe] Rurart [photo de Dubbing de Pierre Huyghe]](images/huyghe.jpg)
Dubbing, 1996
Installation vidéo - 1 vidéorojecteur,
2 haut-parleurs.
1 bande vidéo PAL, couleur, son stéréoo,
120'
Collection FRAC Poitou-Charentes
© Marian Goodman Gallery Paris/New-York
Notice Frac Poitou-Charentes
Pierre Huyghe
Pierre Huyghe " dé-filme " le cinéma
en montrant ses conditions de production et souligne ainsi
les enjeux qu’il soulève :
" Le cinéma a colonisé le regard, induit
des comportements, proposé des modèles de vie.
Il ne faut pas seulement interroger le produit fini, mais
les processus en amont et en aval de l’œuvre. "
Dubbing met en scène des doubleurs, quinze
comédiens en studio d'enregistrement, assis comme les
musiciens d'un orchestre, essayant de lire synchrone les dialogues
d'un film d'horreur qui défile sur la bande rythmo
(film que l'on identifie assez vite comme étant Poltergeist).
Ce que l'artiste donne à voir ce sont les conditions
de production, le tournage d'un doublage et les micro-événements
qui s'y produisent : l'attente, la durée, les ratages,
les gestes du corps et les mimiques du visage qui malgré
tout apparaissent lors de la lecture du texte, les émotions
qui font surface malgré la technicité de la
tâche, les relations entre les comédiens, leur
présence comme individus.
Le spectateur assiste à la projection donnée
seulement pour les doubleurs ; les doubleurs, avec leurs hésitations,
omissions et cafouillages, en deviennent les seuls interprètes
; chacun devient le double de l'autre : le spectateur double
les doubleurs, qui, eux, doublent les acteurs qu'ils voient
sur un écran qui demeure invisible.
![Rurart [photo du Camping de la plage de Joachim Mogarra] Rurart [photo du Camping de la plage de Joachim Mogarra]](images/Mogarra.jpg)
(issue de la série Images du monde, 1982-1985)
Joachim
Mogarra
Joachim Mogarra construit ses Images
du monde (série réalisée entre 1982
et 1985) à partir de bricolages ingénieux. Il
emploie des objets quotidiens qui deviennent les " personnages
"principaux de ses mises en scène décapantes.
Ces mises en scène miment des clichés de sites
touristiques et pittoresques (type carte postale) ou des vues
que pourrait avoir rapporté un vacancier photographe
amateur, ou que pourrait avoir pris un grand reporter parti
en mission.
Genre "photos de vacances " d’un ailleurs
qui se voudrait exotique, façon polaroïd, légendées
à la main, ses photographies jouent sur le décalage
qu’induit la lecture du titre et les trouvailles formelles
qu’opère l’artiste, travaillant sur les
analogies entre les objets et jouant sur les rapports d’échelle.
Des livres posés au sol et ouverts sur la tranche simulent
ici les tentes d’un camping, le carrelage évoque
le sable ; un chloropytum suggère un palmier,
deux barques de pâte à modeler voguent sur les
tomettes. La chose représentée, photographiée
n’est donc pas seulement ce qu’il faut voir ;
la question du point de vue (au propre comme au figuré)
et les images que l’artiste fait ainsi surgir donnent
aussi à réfléchir.
![Rurart [photo de The Big One World de Bruno Peinado] Rurart [photo de The Big One World de Bruno Peinado]](images/peinado.jpg)
The
Big One World,
2000
résine moulée
H : 200 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
Photo : Christian Vignaud
Notice Frac Poitou-Charentes
Bruno Peinado
Bruno Peinado opère par stratégie de détournement,
de piratage et de parasitage. Il se réapproprie les
archétypes et les icônes de la culture occidentale,
issus du marketing et de la communication des multinationales,
faisant apparaître les enjeux économiques qui
les sous-tendent.
Son " Black Bibendum " - coupe afro, attitude Black
power et poing brandi de la revendication - devient symbole
du métissage, porte-drapeau des minorités quelles
qu’elles soient : ethniques, sociales ou politiques.
" Ma logique est celle de la créolisation, du
métissage, le monde est une collision d'images. J'ai
dans l'idée de casser la pureté. {…}
Je ne fais que récupérer, remettre en jeu des
choses qui sont déjà là. La mise à
distance passe souvent par le retournement des images que
j’emprunte. Elles sont d’abord détournées
de leur sens, puis retournées (mises à l’envers),
mais aussi retournées vers le système médiatique
qui les produit. Ces symboles que je prends dans le flux des
signes et des logos qui passent autour de nous, je les renvoie,
comme par un petit effet miroir. {…}
The Big One World a été créé
dans un contexte très particulier (les licenciements
chez Michelin en 2000, et le film de Michael Moore, The
Big One) avec une réflexion sur le début
de cette nouvelle économie très libérale
qui fonctionne de manière très dangereuse pour
la culture et pour l’avenir de l’humanité.
" B.P.
![Rurart [photo de K. de Hermann Pitz] Rurart [photo de K. de Hermann Pitz]](images/pitz.jpg)
Hermann
Pitz
Enregistrement d’un phénomène
de diffraction optique, Kö fixe le moment où
se crée l’image, entre la vision fugace et le
souvenir que l’on se remémore.
Vingt " gouttes " de résine translucide sont
posées au sol et éclairées par un ensemble
de projecteurs industriels récupérés
par l’artiste sur la devanture d’un salon de coiffure.
Le dispositif joue sur la confrontation plastique des deux
univers : l’univers poétique suggéré
par les gouttes de résine et leur mise en lumière,
l’univers industriel et le caractère plus rudimentaire
des projecteurs et du câblage électrique qui
semblent surdimensionnés par rapport à la fragilité
qui émane des " gouttes ".
L’ensemble posé au sol requiert l’attention
et le déplacement du spectateur, variant ainsi sa perception
de l’installation et du moment.
Représentation baroque, théâtralisée
par la lumière de la mise en scène, l’œuvre
d’Hermann Pitz recrée un espace poétique,
figeant l’instant fragile ou s’opère la
vision qui advient à travers la goutte d’eau,
jouant sur l’illusion et la distorsion de la perception,
la perte des repères et la fragmentation.
![Rurart [photo de Paysage de Daniel Schlier] Rurart [photo de Paysage de Daniel Schlier]](images/schlier.jpg)
Paysage (France inversée),
1986
poudre métallique sur panneau de liège
136 x 139 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
Photo : Richard Porteau
Notice Frac Poitou-Charentes
Daniel
Schlier
Paysage (France
inversée) de Daniel Schlier convoque plusieurs
notions fondamentales qui interrogent l’histoire de
la représentation du monde à travers la peinture
et ses codes ainsi qu’à travers la cartographie
comme relevé objectif et scientifique du réel.
L’artiste se joue de ces codifications : l’aplat
renvoie par opposition à l’illusion perspectiviste,
le titre au genre invoqué (ici le paysage). En inversant
la représentation cartographique qu’au premier
coup d’oeil l’on croit reconnaître, il vient
désavouer nos perceptions les plus conventionnelles
et les plus immédiates.
La peinture elle-même est mise en jeu, la poudre métallique
remplace le pigment et le panneau de liège, la toile.
Expérimentations physiques voire chimiques, les œuvres
chez Daniel Schlier sont hybrides, issues de techniques variées
et s’attachent prioritairement à l’objet,
à sa matérialité, à son épaisseur.
La peinture doit incarner au sens propre, avant de provoquer
la réflexion.
" Ce ne sont pas les idées qui m’intéressent,
mais les gens, le monde, l’art. Enfin la peinture est
quand même à elle seule un langage, tout un langage,
non ? " D.S.
![Rurart [photo de Portrait Braille de Patrick Tosani] Rurart [photo de Portrait Braille de Patrick Tosani]](images/tosani.jpg)
Portrait
Braille n° 1, 1985
photographie cibachrome
130 x 100 cm
Collection FRAC Poitou-Charentes
Photo : Richard Porteau
Notice Frac Poitou-Charentes
Patrick
Tosani
Évacuant tout aspect documentaire
ou illusionniste, Patrick Tosani fabrique des images, tout
en laissant transparaître le processus employé,
qu’il adapte en fonction de la nature des choses. L’image
obtenue n’est que le moyen de questionner, d’analyser
et de comprendre l’essence et la complexité du
monde qui nous entoure.
Le Portrait Braille n°1 appartient à une
série de portraits photographiques flous, projetés
sur des pages d’écriture Braille. Associant deux
sens, le toucher (l’écriture des non-voyants)
et la vue (à travers la représentation photographique),
il joue sur leur annulation : la page de Braille n’est
qu’une image et perd son caractère haptique ;
la représentation – le portrait censé
être reconnaissable – est floue, perdant sa fonction
première d’identification. L’aveugle ne
peut décrypter le Braille sans relief et le spectateur
voyant reste dans l’incapacité de lire ce code,
aveugle à son tour devant cette image.
Le paradoxe que soulève l’artiste à travers
cette photographie vient remettre en cause la capacité
de la technique à saisir et à dire le réel,
révélant ses limites. Si l’homme invente
toujours plus d’outils pour mieux communiquer, échanger,
il grossit aussi proportionnellement les filtres à
travers lesquels il se représente le monde, à
défaut de le percevoir tel qu’il est.
En photographiant ainsi ce qui ne peut-être vu, en donnant
à toucher ce qui ne peut l’être, l’artiste
restitue l’image dans son expression la plus simple
mais aussi la plus suggestive.