Continuum

Cécile Beau, Nicolas Montgermont

18 octobre – 21 décembre 2012

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Le continuum exprime une continuité dans l’espace ou le temps. De cette vision du monde comme un ensemble d’éléments que l’on peut appréhender de façon continue, Cécile Beau et Nicolas Montgermont proposent un ensemble d’œuvres qui mettent en jeu la perception de l’univers à partir des ondes qui le parcourent. Du bruit de la Terre au rythme des étoiles, l’exposition rend perceptible ce qui dépasse l’échelle humaine. Elle s’articule autour de trois pièces majeures, dont deux conçues spécifiquement pour Rurart.

Sillage. Régulièrement un grondement lointain, souterrain, vient troubler le silence. La vibration parcours le corps du visiteur. Sur le plan d’eau une onde se propage. Puis tout redevient paisible, jusqu’à la secousse suivante. À partir des signaux enregistrés par différents capteurs lors d’un tremblement de terre au Chili en 2008, les artistes ont reproduit les sons et les ondes telluriques du séisme. L’œuvre s’apparente ainsi à une sculpture d’ondes sismiques.

Jeu de marabout, Radiographie c’est aussi le nom d’une autre œuvre de ce Continuum, qui consiste en une antenne décamétrique destinée à capter les ondes radio émises par le Soleil ou Jupiter, en fonction de leur positionnement dans le ciel ou de l’activité éruptive à leur surface. Mais au-delà de sa fonction première, l’antenne parcourt tout le spectre des ondes accessibles à partir de Rurart et capte les communications radioamateurs, satellites ou les communications numériques des téléphones.
L’ensemble génère une composition sonore nivelant les signaux proches et lointains. L’antenne agit comme un révélateur, elle rend perceptible à l’échelle humaine les ondes électromagnétiques qui circulent d’un bout à l’autre de l’univers, elle raccourcit les distances, faisant fi des centaines de millions de kilomètres qui séparent les planètes émettrices de la Terre. Par ce totem technologique, le son des corps célestes parvient jusqu’à nous aussi bien que les signaux les plus prosaïques, comme un fil d’infini à la beauté indéchiffrable, à la rayonnante poésie.

Nouveau changement d’échelle avec Cosmogonie, œuvre qui prend le pouls d’une galaxie.
Au sol une matière noire, informe, fibreuse, composée de particules diverses, poussières disparates qui se répandent et s’amoncellent sur quelques mètres carrés. L’ensemble est animé d’un léger mouvement en son centre, à peine perceptible, sorte de vortex immobile qui entraîne l’ensemble de la masse sombre, de ses limites extérieures vers son origine.

Les phénomènes naturels, orages, tremblements de terre, gel, les ondes, les signaux, l’activité spatiale ou souterraine constituent l’inspiration première du travail de l’artiste. De ces sources situées aux frontières sensibles et physiques du monde, Cécile Beau tire une œuvre qui explore les limites de la représentation.
Le continuum parcourt un territoire qui se déploie de l’infra-terrestre à l’extra-galactique. Avec Nicolas Montgermont, Cécile Beau y poursuit son exploration des limites de la perception sensible pour construire une œuvre qui exploite les limites de la représentation esthétique. En montrant l’invisible, les artistes se situent ainsi à la fois aux frontières du spectre sensible et du spectre artistique. Dans les deux cas ils parcourent de nouveaux territoires.

Arnaud Stinès

 Commissariat d’exposition Arnaud Stinès

Autour de l’exposition

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# Site internet de Cécile Beau

# Site internet de Nicolas Montgermont

# SCIO : les ondes

# Les robins des toits : l’électro-sensibilité

Une semaine avant l’inauguration officielle, les visiteurs ont pu découvrir le travail de Cécile Beau et Nicolas Montgermont en avant-première. La présentation était enregistrée :