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Au printemps 2004,
huit élèves des lycées agricoles
de Melle, Thuré |
Angoulême et Venours ont participé
à la Biennale d'art contemporain de Dakar. Leur
voyage avait pour objectif de proposer à un artiste
de venir en résidence dans leurs lycées
de Poitou-Charentes et de sensibiliser leurs pairs à
l'art d'aujourd'hui. Au fil des expositions ils découvrent
le travail d'un jeune artiste sénégalais,
Cheikhou Bâ. Très vite, unanimement, ils
lui proposent de les rejoindre à la rentrée
prochaine dans leurs lycées.
En parallèle des ateliers artistiques qu'il mène
avec les élèves, Cheikhou Bâ poursuit
sa démarche de création personnelle dont
le fruit est présenté à l'espace
d'art contemporain rurart. Cheikhou Bâ a nourri
les jeunes de sa présence quotidienne à
leur côté. Il n'a pas été
l'ambassadeur de l'art contemporain africain car son
art est universel avant d'être africain. Universel,
comme les questions ontologiques qui traversent son
travail et qui habitent l'artiste. Cheikhou vit avec
son ouvre, elle fait partie de lui. Il dessine et dessine
encore, il multiplie et décline les figures,
jusqu'à ce que son sujet ait rendu les armes,
jusqu'à ce qu'il s'en trouve en paix.
Alors il envisage une nouvelle ouvre. Et une nouvelle
encore. Et encore.
Les dessins laissent la place à d'autres dessins,
comme les vagues succèdent aux vagues. Cheikhou
Bâ ne s'y noie pas. Il s'y abandonne puis reprend
pied pour mieux s'en distancier et les laisser au spectateur.
Ainsi se livre-t-il, de la manière la plus humble
et en même temps avec une grande force. Mais il
ne faut pas s'y tromper, l'ouvre de Cheikhou n'est pas
seulement autobiographique. Au-delà des humeurs
de l'artiste, de ses joies et de ses doutes, elle embrasse
l'humanité.
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