![Rurart [photo de Dubbing de Pierre Huyghe] Rurart [photo de Dubbing de Pierre Huyghe]](../images/huyghe.jpg)
Dubbing, 1996
Installation vidéo - 1 vidéorojecteur,
2 haut-parleurs.
1 bande vidéo PAL, couleur, son stéréoo,
120'
Collection FRAC Poitou-Charentes
© Marian Goodman Gallery Paris/New-York
Notice Frac Poitou-Charentes
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Pierre Huyghe
Pierre Huyghe " dé-filme " le cinéma
en montrant ses conditions de production et souligne ainsi
les enjeux qu’il soulève :
" Le cinéma a colonisé le regard, induit
des comportements, proposé des modèles de vie.
Il ne faut pas seulement interroger le produit fini, mais
les processus en amont et en aval de l’œuvre. "
Dubbing met en scène des doubleurs, quinze
comédiens en studio d'enregistrement, assis comme les
musiciens d'un orchestre, essayant de lire synchrone les dialogues
d'un film d'horreur qui défile sur la bande rythmo
(film que l'on identifie assez vite comme étant Poltergeist).
Ce que l'artiste donne à voir ce sont les conditions
de production, le tournage d'un doublage et les micro-événements
qui s'y produisent : l'attente, la durée, les ratages,
les gestes du corps et les mimiques du visage qui malgré
tout apparaissent lors de la lecture du texte, les émotions
qui font surface malgré la technicité de la
tâche, les relations entre les comédiens, leur
présence comme individus.
Le spectateur assiste à la projection donnée
seulement pour les doubleurs ; les doubleurs, avec leurs hésitations,
omissions et cafouillages, en deviennent les seuls interprètes
; chacun devient le double de l'autre : le spectateur double
les doubleurs, qui, eux, doublent les acteurs qu'ils voient
sur un écran qui demeure invisible.
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