Cheikhou Bâ : présentation
Découvert par Clarisse Djionne, directrice
du Studio Eberis de Dakar (lieu d'exposition d'art et de mobilier
contemporain) Cheikhou Bâ, jeune plasticien de 33
ans, a été la révélation
du festival off de la Biennale de Dakar. Cette exposition, sur
la thématique du noir et blanc, est
la première grande manifestation consacrée à
son travail, l'artiste qui à ce jour n'a quasiment jamais
quitté le Sénégal, est depuis sollicité
par la Belgique, le Canada, les Etats-Unis ... et par la France
via le réseau Rurart.
L'artiste, professeur d'histoire géographie à l'origine,
suit les cours de Sérigne
M'Baye Camara à l'école des
Beaux Arts de Dakar avant d'enseigner lui-même
les arts plastiques. |

voir en rapport :
le
projet Biennale de Dakar
la
résidence de l'artiste dans les lycées agricoles |
Cheikhou
Bâ travaille tous les matériaux, tous les supports, il
est à la fois peintre, scultpteur, dessinateur, photographe...
Il travaille sur la répétition et son atelier est, parait-il,
envahi par les productions qu'il ne cesse d'entasser... Il a créé
un univers à la fois plein d'humour, peuplé de créatures
fanstastiques où la profusion des détails (en particulier
dans les dessins) permet un regard toujours renouvelé sur ses
oeuvres.
extrait d'un texte de Jacques Leenhardt, Paris mai
2004 :
"Cheikhou Ba, un artiste du Sénégal, un artiste
à la frontière des grands espaces pasteurs de la tradition
peul, de l’espace contraint de la ville aussi, de l’espace
ouvert de l’installation et de celui, clos, de la feuille de papier.
Le mot« Weernaade » signifie à peu près «
divagation » ou « épanchement », errances peut-être
et c’est bien un tel monde, physique et symbolique, que parcourt
et reconnaît l’artiste à travers les différentes
formes de son activité.
Dans la confrontation avec les limites, ce qui compte c’est le
bord : celui du précipice où le berger veille sur la sécurité
de son troupeau, celui de la feuille qui cadre et enferme l’image.
Cheikhou Ba est attentif aux limites, mais pas nécessairement
pour y enfermer son objet. Il s’attache aussi bien aux débordements
que provoque le bord.
Cette ambivalence de la limite se lit dans cette installation qu’il
a nommée Le berger. L’espace semble infini où divaguent
les bovins, blancs et noirs, figurines aux contours simplifiés
qui semblent en masse dessiner un parcours dans un espace immense, un
déplacement dans l’infini d’une savane dont les bruits
et les parfums parviennent jusque dans le salle d’exposition.
L’espace est dilaté et ses frontières ne sont que
l’écho de vibrations infinies se perdant dans le lointain.
Tout au contraire, l’artiste s’empare aussi dans le même
temps d’un espace très fermé. Il s’agit d’une
série de grands dessins au crayon. La feuille de papier agglutine
des figures dans de petites alvéoles qui les cernent. C’est
une arche de Noé, tout s’y presse, dans sa diversité
inclassable. Des figures, des choses et des êtres, innombrables,
chacun dans son espace comme un curieux à sa fenêtre ou
un prisonnier dans sa cellule. Le bord de la feuille s’est refermé
sur le monde tel un enclos tragique. On respire mal dans cet espace
contraint".
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