rurart.org [établissement public d'action culturelle]
réseau régional d'action culturelle rurart [espace d'art] rurart [espace culture multimédia] rurart [médiation]
rurart [ressources #1] rurart [ressources #2]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


plan du site



accueil
> ressources > comprendre > le paysage > un peu d'histoire : le paysage agraire

Le paysage agraire présente une originalité, et de taille, par rapport au Grand Paysage : il est totalement construit par les pratiques des agriculteurs. Aussi, s'il est possible de comprendre les liens existant entre les pratiques et le paysage qui en résulte, n'est-il pas utopique de pouvoir créer un jour des paysages d'une qualité donnée. Cela pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière d'aménagement du territoire sachant que l'agriculture valorise une grande partie de l'espace rural.

On peut également définir deux principales manières d'appréhender le paysage agraire :

Le paysage agraire en tant qu'objet d'études et d'analyses

Dans le domaine commun à l'agriculture et au paysage, la plupart des approches prennent pour objet central de recherche les activités humaines et leurs conséquences sur l'organisation du territoire.
Ces démarches, qui prennent part à des sciences telles que la géographie ou la recherche - systÈme en agriculture s'orientent souvent vers l'analyse et la typologie des pratiques agraires. E. LANDAIS et J.-P. DEFFONTAINES (1988) ont d'ailleurs fait le point concernant les recherches relatives aux pratiques des agriculteurs.

Parmi les travaux les plus récents, E. LANDAIS et ses collaborateurs ont, dans le cadre du Projet MAP (Modélisation, Agriculture, Paysage, 1996), pour ambition de rendre compte des relations existant entre la dynamique des systÈmes techniques de production mis en oeuvre par les exploitations agricoles, et l'évolution qui en découle au niveau de l'espace et du paysage. L'objectif de cette recherche exploratoire "n'est pas la construction d'un outil d'aide à la décision destiné à des utilisateurs extérieurs mais celle d'un prototype. Cette entreprise, certes destiné à tester la faisabilité à terme de semblables outils, vise d'abord et surtout à faire avancer les connaissances en les mettant à l'épreuve d'une cohérence formelle" (E. LANDAIS, 1996). De nombreux ouvrages s'intéressent d'une maniÈre analogue à l'influence des pratiques agraires sur le paysage. A titre d'exemple, on peut citer ceux, très intéressants, de C. JANIN (1995) ou Ch. et Ph. BERINGUIER (1991).

Malgré leur grand intérêt, ces approches restent cependant trÈs descriptives et s'apparentent aux travaux entrepris au début de l'histoire du paysage et qui consistaient non pas à évaluer un paysage mais à comprendre les processus étant à son origine. L'étude des systÈmes techniques et des pratiques mises en oeuvre en agriculture constitue cependant une étape nécessaire pour pouvoir ensuite évaluer la qualité d'un paysage agraire.

L'évaluation du paysage agraire - le paysage sujet

Comme dans le cas de l'évaluation du Grand Paysage, on peut distinguer trois principales méthodes d'évaluation du paysage agraire :

Approches privilégiant l’ OBJECTIF dans l'évaluation du paysage
Les critÈres ne dépendant que des formes concrètes du paysage agraire prennent une part prépondérante dans son évaluation : la valeur écologique du paysage (agro-écologie et écologie du paysage). Des auteurs, tels F. BUREL ou Y. BAUDRY se proposent de faire en sorte que les pratiques touchant l'espace agricole prennent mieux en compte les facteurs d'ordre écologique. Un programme de recherche pluridisciplinaire, lancé en 1996 par le ministÈre de l'Environnement s'intéresse particuliÈrement aux paysages de bocage (cf. travaux de C. THENAIL, 1996).

Approches privilégiant le SUBJECTIF dans l'évaluation du paysage
L'étude des représentations sociales constituent les critÈres d'évaluation majeurs du paysage agraire : l'approche sociologique. N. CADIOU (1991) s'est intéressée à la perception du paysage rural par les ruraux eux-mÊmes. Cette approche permet de comprendre l'idée que se font les agriculteurs de l'esthétisme et qui se ressent forcément dans leurs pratiques quotidiennes. Elle révÈle notamment leur sensibilité au "propre" et à "l'ordonné" qui se démarque nettement de la demande sociale actuelle en paysages qui se porte plutôt sur le paysage "sauvage" (cf. S. CHALIER).

Approches mettant en évidence les LIENS existant entre objet et sujet
SynthÈses des deux approches précédentes, elles s'efforcent de comprendre les relations existant entre les formes des paysages agraires et ses représentations sociales : Dans le cadre d'une évaluation contingente des paysages, F. COLSON et A. STENGER (1995) ont mis en place une méthode permettant d'évaluer la qualité des paysages agricoles de Loire Atlantique en interrogeant un panel de 700 ménages. Cette enquÊte, la premiÈre de ce type menée en France, est cependant très réductrice en ne se limitant qu'À l'aspect bocager du paysage.

Les études s'efforçant de prendre en compte l'ensemble des formes paysagères produites par l'agriculture ne se limitent encore qu'À un début de conceptualisation et aucune véritable méthodologie n'a encore été mise en place. Mais l'idée germe depuis le début des années 90 et a été traitée par différents auteurs, aussi-bien agronomes que géographes ou paysagistes avec notamment : Y. L (Laboratoire STRATES, Université Paris I), B. FISCHESSER (CEMAGREF, Grenoble), J.-P. DEFFONTAINES ou C. LAURENT (INRA - SAD, Versailles).
Ils admettent tous, implicitement, qu'il est nécessaire de répondre à trois questions : Quelle est l'OFFRE en formes ?
Cette offre découle directement des pratiques que les agriculteurs mettent en oeuvre et qu'il faut identifier. Le projet MAP (E. LANDAIS, 1996) se propose par exemple de répondre à cette question.

Quelle est la DEMANDE en formes ?
La demande, qui ne relève pas des compétences agronomiques, soulève bien des interrogations. J.-P. DEFFONTAINES suggère par exemple de rendre le paysage agraire plus proche de la société, plus intelligible. Dans un autre registre, l'enquête menée auprès de 200 personnes par Y. L & Al. révèle plus un désir de nature sauvage qu'un désir de "campagne".

Comment CONCILIER offre et demande ?
Il faudrait non-seulement identifier les formes qui correspondent à l'attente sociale en matiÈre de paysage mais aussi faire en sorte qu'elles deviennent l'objet d'une " situation de gestion " (GIRIN, 1990). Dans ce cadre, C. LAURENT se montre réservée quant aux possibilités pour l'agriculture de devenir le prestataire d'un service - paysage tel que cela est défini lors de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture en novembre 1990.

Le souci de répondre à ces 3 questions, les seules à même de nous permettre d'évaluer le paysage agraire de maniÈre sensée, nous guidera afin d'élaborer un Indicateur Paysage Agro-environnemental...

haut de page

 




 

introduction a la question du paysage / des photographes en parlent... / un peu d'histoire : sources et introduction - paysage objet - paysage sujet - paysage agraire... / liens